Paris Photo 2025 s’est tenue du 13 au 16 novembre sous la verrière du Grand Palais, au 3 avenue du Général-Eisenhower, dans le 8e arrondissement. Cette sélection se lit désormais comme un repère d’archive pour préparer un futur weekend culturel ou comparer les orientations prises par les galeries lors des prochaines éditions. Elle réunit dix propositions où la photographie passe du document de guerre à l’objet sculptural, de la chambre noire au récit intime.
- La galerie Poggi avait confié à Sophie Ristelhueber une installation de quarante mètres dès l’entrée de la foire.
- Les galeries Sit Down, Jörg Brockmann et Papillon défendaient des démarches fondées sur le territoire, la mémoire végétale et les récits de paysage.
- Les démonstrations de tirage argentique chez Bigaignon rendaient visibles des procédés souvent absents des expositions traditionnelles.
- Le secteur Voices faisait dialoguer photographie construite, objets, textiles et deuil chez Shirana Shahbazi et Keisha Scarville.
Paris Photo 2025 au Grand Palais : commencer par les stands qui donnent l’échelle de la foire
Entrer à Paris Photo 2025 par le Grand Palais imposait un premier constat matériel. La foire ne se réduisait pas à une succession de cadres posés contre des cloisons blanches. Sous la nef, les formats, les techniques et les rythmes d’accrochage demandaient de choisir un parcours, faute de quoi les 220 exposants annoncés venus de 33 pays finissaient par se confondre.
Le billet plein tarif était affiché à 35 € en novembre 2025 sur la billetterie officielle de Paris Photo. Ce montant ne préjuge évidemment d’aucun achat d’œuvre, mais il permet de situer le coût concret d’une visite préparée. Pour un salon de cette ampleur, deux heures ne suffisent pas si vous souhaitez demander les prix, regarder l’état des tirages et relever les informations d’édition.
La galerie Poggi, installée rue Beaubourg dans le 3e arrondissement et connue pour son travail avec des artistes contemporains français et internationaux, avait choisi Sophie Ristelhueber pour une intervention visible dès l’arrivée. La cimaise mesurait quarante mètres. Cette décision d’accrochage comptait autant que les images elles-mêmes, parce qu’elle plaçait le visiteur face à un ensemble pensé comme une traversée et non comme une suite de pièces isolées.
Les séries réunies parcouraient plusieurs décennies. Les images liées aux traces de la guerre civile libanaise, réalisées en 1984, voisinent avec des photographies plus récentes, notamment des figures animales en noir et blanc datées de 2024. Des vues de paysages marqués par l’histoire dialoguaient aussi avec des études de petites têtes sculptées par Alberto Giacometti, photographiées en 2022.
Cette présentation donnait une méthode utile pour visiter une exposition photo dans une foire. Il faut d’abord identifier le fil documentaire. Chez Ristelhueber, le sujet n’est pas seulement le conflit ou l’architecture. Il porte sur la manière dont les événements restent inscrits dans un terrain, une matière, une ruine ou une surface apparemment silencieuse.
Le statut de l’artiste aide également à lire ce stand avec précision. Sophie Ristelhueber a reçu le Prix Hasselblad en 2025. Une distinction de cette nature ne fixe pas le prix d’un tirage et ne garantit rien sur le marché, mais elle explique l’ampleur accordée à son œuvre dans cette édition. Avant tout règlement auprès d’une galerie photo, demandez toujours la technique exacte, les dimensions de l’image et du papier, le numéro d’édition, la date de tirage et les conditions de conservation.
Pour une œuvre photographique, la différence entre un tirage gélatino-argentique d’époque, un retirage autorisé et une impression pigmentaire contemporaine change la lecture du prix. Une photographie de 24 × 30 cm tirée à vingt exemplaires ne se compare pas mécaniquement à une image de 100 × 150 cm produite en édition de six. Le format, le procédé, le nombre d’exemplaires et l’historique d’exposition doivent apparaître sur la fiche d’œuvre ou sur le certificat.
Les visiteurs qui s’intéressent au dialogue entre photographie, cinéma et surréalisme peuvent aussi prolonger ce parcours avec cette page consacrée à la photographie surréaliste de Man Ray. La comparaison est éclairante, car elle rappelle que la photographie peut être un relevé du réel tout en restant une construction visuelle très contrôlée.
La force du stand Poggi tenait donc moins à un effet monumental qu’à la cohérence du montage. Un grand format ne doit jamais faire oublier la feuille de salle, l’édition et la provenance, surtout lorsque l’œuvre est envisagée au-delà de la simple visite.

Les stands incontournables de Paris Photo 2025 pour suivre les récits de paysage
Après le dispositif de Sophie Ristelhueber, le parcours gagnait à se resserrer sur les propositions où le territoire devient un sujet de longue durée. Les paysages montrés à Paris Photo 2025 n’étaient pas des décors. Ils portaient une mémoire géologique, botanique ou légendaire, traitée avec des moyens photographiques très différents.
La galerie Sit Down, située rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie dans le Marais et spécialisée dans la photographie contemporaine, présentait Aurore Bagarry en solo show. Son travail s’appuie sur la chambre photographique, un outil qui ralentit la prise de vue et impose une attention particulière au cadrage, au temps de pose et aux détails de surface.
La série observait les falaises du littoral de la Manche. Grotte des Korrigans, Le Pouliguen, Loire-Atlantique, réalisée entre 2022 et 2025, faisait partie de cet ensemble. Le choix d’un sujet minéral peut sembler familier, mais l’artiste évite l’image touristique par une approche frontale et méditative, attentive aux strates, aux aspérités et aux variations de lumière sur la roche.
Les prix de ces œuvres n’étaient pas publiés dans les informations de présentation de la foire. Une demande écrite à la galerie reste donc nécessaire avant d’établir un budget. Pour comparer deux photographies de paysage, demandez si le prix inclut un encadrement, car un cadre sur mesure avec verre anti-UV peut représenter plusieurs centaines d’euros selon les dimensions, la baguette choisie et la fragilité du montage.
Marine Lanier occupait, elle, deux espaces distincts. Cette double présence permettait de mesurer la continuité d’une démarche sans la réduire à une seule série. Sur l’espace de la Maison Ruinart, dans le cadre du Prix Maison Ruinart, elle montrait Alchimia, réalisée en résidence à Reims. Le travail associait l’expérience d’un lieu, sa lumière et les formes plus ambiguës produites par l’imaginaire.
Dans le secteur Emergence, la galerie Jörg Brockmann, implantée à Genève et tournée vers la photographie contemporaine internationale, présentait Le Jardin d’Hannibal, série de 2024. Les images rapprochent la flore alpine de visions liées au passage supposé d’Hannibal dans les Alpes. Le site de référence est le jardin du Lautaret, présenté comme le jardin d’altitude le plus élevé d’Europe.
La photographie y emprunte au récit sans se transformer en illustration historique. C’est une distinction utile. La série ne prétend pas démontrer un itinéraire militaire antique par l’image. Elle construit une circulation entre les plantes, la montagne, la légende et l’idée de traversée. Cette part de fiction assumée apparaît dans le choix des cadrages et dans les associations d’images.
| Stand et galerie | Artiste et série | Technique ou approche | Repère daté |
|---|---|---|---|
| Galerie Sit Down, Marais | Aurore Bagarry, Grotte des Korrigans | Chambre photographique, paysage minéral | 2022-2025 |
| Maison Ruinart | Marine Lanier, Alchimia | Résidence et récit de lieu | Paris Photo 2025 |
| Galerie Jörg Brockmann, Genève | Marine Lanier, Le Jardin d’Hannibal | Flore alpine et imaginaire historique | 2024 |
Le rapprochement de ces trois accrochages permettait de distinguer plusieurs usages du paysage dans l’art contemporain. Bagarry travaille la présence physique de la roche. Lanier déplace le regard vers des territoires où l’histoire et le vivant se mêlent. Les deux démarches demandent du temps, ce qui est rare dans un festival photo parcouru à cadence rapide.
Si vous avez repéré une œuvre sur papier dans ce type de stand, préférez obtenir une photographie nette du verso, de la signature et du numéro d’édition avant de repartir. Une œuvre photographique correctement documentée se défend mieux dans le temps qu’une image dont le procédé et la date de tirage restent imprécis.
Raphaëlle Peria à Paris Photo 2025 : regarder la photographie comme une surface travaillée
Le travail de Raphaëlle Peria apportait une autre réponse à la question du paysage. Là où la photographie est souvent traitée comme une image plane, l’artiste la transforme par retrait de matière. Sa présence sur deux stands de Paris Photo 2025 permettait d’observer deux modalités d’un même geste, l’une liée à un programme de mécénat, l’autre présentée par une galerie.
Sur l’espace BMW Art Makers, programme consacré aux arts visuels et à l’image contemporaine, Raphaëlle Peria présentait Traversée du fragment manquant. Cette série prend pour sujet les platanes qui longent le canal du Midi. Ces arbres sont affectés par le chancre coloré, un champignon qui a entraîné l’abattage et le renouvellement progressif d’une partie du patrimoine arboré du canal.
Le sujet pourrait conduire à une photographie strictement documentaire. L’artiste choisit au contraire de faire apparaître les disparitions et les blessures par un travail direct sur les épreuves. Les parties retirées ne sont pas de simples effets décoratifs. Elles donnent au support une densité physique et introduisent l’absence dans la structure même de l’image.
La galerie Papillon, située rue Chapon dans le 3e arrondissement et attentive aux pratiques contemporaines décloisonnant image, dessin et installation, montrait le polyptyque unique Sans oser lui parler. Il s’agit d’une œuvre originale, non d’une édition de tirages identiques. Cette donnée est déterminante lorsqu’un prix est annoncé, puisqu’un polyptyque unique ne se compare pas à une photographie tirée à trente ou cinquante exemplaires.
La technique combine la photographie et la gravure. Scalpel et fraiseuse servent à gratter certaines parties de l’épreuve jusqu’au blanc. Le relief obtenu dépend de la profondeur de l’intervention, de la nature du support et de la zone retirée. Le blanc renvoie ici à l’idée d’oubli, en écho aux travaux de l’historien des couleurs Michel Pastoureau.
Les prix du polyptyque et des pièces du programme BMW Art Makers n’étaient pas indiqués dans les éléments publics associés à la présentation de novembre 2025. Il serait imprudent de leur attribuer une fourchette sans liste de prix, dimensions ou état de montage. Demandez à la galerie Papillon si l’œuvre est vendue encadrée, si chaque panneau est signé et si la documentation décrit précisément le procédé d’altération.
Dans ce genre de cas, la notion d’original mérite d’être comprise sans approximation. Une photographie peut être originale parce qu’elle est tirée par l’artiste, parce qu’elle appartient à une édition limitée, parce qu’elle est unique, ou parce qu’elle a été modifiée après tirage. Ces catégories ne se recouvrent pas automatiquement. Une pièce unique retravaillée au scalpel n’offre pas la même expérience de collection qu’une épreuve pigmentaire numérotée 12/75.
Le visiteur qui souhaite acheter doit aussi examiner la stabilité matérielle. Le grattage peut créer des zones fragiles. Il faut demander les recommandations de manipulation, la méthode d’encadrement et la présence d’un passe-partout ou d’un montage sur support rigide. Un encadrement inadéquat peut compromettre la lecture d’une œuvre aussi délicate que son état de conservation.
La photographie ne se limite donc pas au sujet représenté. Elle comprend le papier, les couches d’impression, les zones ôtées, le cadre et les ombres projetées par le relief. Ce déplacement vers l’objet fait de Raphaëlle Peria une halte particulièrement utile pour comprendre ce que le mot « tirage » laisse parfois dans l’ombre.
Préparer un achat de photographie altérée ou de polyptyque
Avant d’accepter un prix, demandez une fiche complète comprenant la date de création, les dimensions hors cadre et avec cadre, le nombre de panneaux, la technique exacte et le certificat délivré par la galerie. Les photographies transformées après impression exigent une description plus précise qu’un simple intitulé « tirage pigmentaire ».
- Vérifiez que chaque élément du polyptyque est identifié sur la facture ou le certificat.
- Demandez si les zones gravées doivent être protégées de la lumière directe et de l’humidité.
- Faites préciser les modalités de transport, surtout si l’œuvre comporte plusieurs panneaux encadrés.
- Conservez les échanges écrits avec la galerie, car ils complètent utilement la provenance contemporaine.
Une expertise d’authenticité formelle ne relève ni d’une galerie ni d’un article de visite. En cas de doute sur une signature, une attribution ou un certificat ancien, consultez un expert agréé ou un commissaire-priseur. La fiscalité de l’art et la succession ne sont pas traitées ici, car elles exigent l’avis d’un professionnel compétent dans ces domaines.
Chambre noire à Paris Photo 2025 : Bigaignon et Vasari, deux stands pour comprendre les procédés
Les stands incontournables de Paris Photo 2025 ne se distinguaient pas tous par la taille des images. Chez Bigaignon et Vasari, l’attention se portait sur la fabrication même de la photographie. Dans une foire dominée par les accrochages très maîtrisés, voir les procédés de laboratoire rappelait qu’une image est aussi le résultat d’une réaction chimique, d’une exposition à la lumière ou d’une manipulation physique.
La galerie Bigaignon, située rue du Grenier-Saint-Lazare dans le 3e arrondissement et spécialisée dans la photographie ancienne et contemporaine, avait installé une chambre noire sur son stand. Renato D’Agostin y réalisait en continu des tirages argentiques de ses images. Cette performance ne consistait pas à produire un souvenir pour visiteurs. Elle rendait visible la chaîne technique qui sépare le négatif, l’agrandisseur, le papier photosensible, les bains de révélateur et le tirage final.
Le tirage gélatino-argentique repose sur des sels d’argent. Son apparence dépend du papier, du contraste, de la densité des noirs et du travail de l’opérateur au laboratoire. Deux tirages d’un même négatif peuvent présenter des nuances notables. Pour un collectionneur, il faut donc demander si l’épreuve est un tirage d’époque, un tirage contemporain sous le contrôle de l’artiste, une épreuve d’artiste ou un retirage postérieur.
Les informations disponibles ne donnaient pas de prix public pour les tirages réalisés par Renato D’Agostin en novembre 2025. La bonne pratique consiste à demander le prix exact de l’épreuve, son format, son numéro dans l’édition et sa date de tirage. Une fiche indiquant seulement le nom de l’artiste et le titre ne suffit pas à comparer une épreuve argentique avec une photographie numérique pigmentaire.
Bigaignon élargissait cet aperçu des techniques avec des cyanotypes, des chimigrammes, de la gomme bichromatée, des ferrotypes et des luminogrammes. Chris McCaw, Yannig Hedel, Thomas Paquet, Rachelle Bussières, Rossella Bellusci, Harold Feinstein et Hideyuki Ishibashi illustraient cette diversité. Le cyanotype produit typiquement une dominante bleue, tandis que le chimigramme associe les gestes de la peinture aux réactions du papier photographique.
Le ferrotype, aussi appelé tintype, utilise une fine plaque métallique vernie ou laquée. Il ne doit pas être confondu avec une reproduction imprimée imitant son aspect. La gomme bichromatée donne pour sa part un rendu plus mat et souvent plus pictural. Ces précisions techniques ne sont pas du vocabulaire de spécialiste inutile. Elles servent à comprendre pourquoi deux images de dimensions proches peuvent avoir des prix et des exigences de conservation très différents.
La galerie Vasari, installée rue du Temple dans le Marais et tournée vers l’art moderne et l’art contemporain, présentait de rares photogrammes de Julio Le Parc. Continuel Lumière cylindre, daté de 1962, enregistrait les ondes, les tourbillons et les grains produits par des faisceaux lumineux réfléchis sur un disque métallique en mouvement.
Un photogramme se réalise sans appareil photographique au sens classique. Des objets ou des sources lumineuses agissent directement sur un papier sensible. Chez Julio Le Parc, cette logique rejoint son travail cinétique. La photographie ne fixe pas ici un objet stable. Elle enregistre un phénomène lumineux, une vibration et une durée.
Pour replacer cette expérimentation dans une histoire plus large de l’image, la photographie moderniste et les recherches surréalistes offrent des points de comparaison utiles. Les pratiques de Man Ray ont largement montré que l’absence d’appareil pouvait devenir un langage complet. Le photogramme de Le Parc s’en distingue pourtant par son rapport au mouvement optique et à l’art cinétique des années 1960.
Ces deux galeries rappelaient qu’un procédé ne remplace jamais l’examen de l’œuvre. Devant un cyanotype, un photogramme ou un tirage argentique, regardez la surface à distance puis de près, vérifiez la régularité du montage et demandez comment l’œuvre doit être éclairée chez vous.
Voices à Paris Photo 2025 : Shirana Shahbazi et Keisha Scarville dans le secteur de la nef
Le secteur Voices occupait une place particulière au cœur de la nef du Grand Palais. Placé sous le commissariat de Devika Singh et Nadine Wietlisbach, il mettait en avant des artistes dont les pratiques dépassaient les catégories habituelles de la photographie. L’image y devenait architecture, objet, textile, mémoire familiale ou espace de deuil.
La galerie Peter Kilchmann, basée à Zurich et active dans l’art contemporain international, présentait Shirana Shahbazi. Ses compositions partent d’éléments architecturaux et géométriques fabriqués dans l’atelier. Elles sont photographiées en noir et blanc, imprimées sur papier baryté, puis certaines zones sont colorées à la main.
Le papier baryté possède une couche de sulfate de baryum qui donne aux tirages argentiques une profondeur et une finesse de détail appréciées des photographes et des collectionneurs. Cette précision technique devient ici plus intéressante encore parce que la couleur n’est pas laissée au seul processus d’impression. Elle intervient après coup, à la main, comme une reprise picturale sur une structure photographique.
Les cadres en céramique participaient pleinement à l’œuvre. Vert mousse, carmin, rose poudré, turquoise menthe, orange vif, noir onyx ou teinte mûre, ils délimitaient les images et modifiaient leur présence murale. Un cadre en céramique ne se traite pas comme une baguette en bois standard. Son poids, ses angles et sa fragilité doivent être évalués avant un transport ou une installation domestique.
Les prix des œuvres de Shirana Shahbazi exposées par Peter Kilchmann n’étaient pas publiés dans les éléments de présentation de Paris Photo 2025. Il faut demander si le prix comprend le cadre en céramique, s’il s’agit d’une pièce unique ou d’une édition, et si une réparation du cadre est possible en cas d’accident. Sur une œuvre à éléments fabriqués, le cadre fait partie de la provenance et ne doit pas être remplacé sans l’accord de la galerie.
Higher Pictures, galerie photo new-yorkaise spécialisée dans la photographie contemporaine, montrait Keisha Scarville. Son travail avait également été présenté aux Rencontres d’Arles durant l’été 2025. Cette circulation entre un festival photo et une foire internationale donne un repère vérifiable sur la visibilité institutionnelle de l’artiste, sans fournir pour autant une estimation de marché.
Depuis la mort de sa mère Alma en 2015, Keisha Scarville travaille avec ses vêtements et certains de ses objets. Within, daté de 2022, s’inscrit dans cette recherche. Les tissus imprimés, photographiés puis privés de leur éclat chromatique, rendent sensible une présence absente. L’œuvre ne raconte pas un deuil de manière illustrative. Elle passe par les matières, les plis, les silhouettes et la disparition progressive de la couleur.
La référence à la photographie spirit et à la figure ancestrale de l’egun nourrit cette approche. Il faut éviter de réduire ces images à un effet de mystère. Elles reposent sur des objets précis, une histoire familiale et une réflexion sur ce que la photographie conserve lorsque le corps n’est plus là.
Les prix de Within et des œuvres associées n’étaient pas communiqués dans la documentation fournie pour cette sélection. Avant un achat, demandez le support exact, les dimensions, le type d’impression, l’encadrement et le numéro de tirage. La photographie contemporaine peut être proposée en formats et éditions différents, parfois avec des écarts de prix considérables entre une petite épreuve et un format mural.
Le rapprochement de Shahbazi et Scarville faisait apparaître deux voies distinctes. L’une construit des espaces optiques à partir d’objets et de couleurs appliquées. L’autre part d’objets personnels pour donner une forme tangible à la perte. Dans les deux cas, le cadre et le support ne sont pas de simples accessoires, mais des données qui doivent figurer dans toute décision d’acquisition.
Organiser une visite des dix stands de Paris Photo 2025 et vérifier les œuvres après la foire
Cette édition de Paris Photo appartient désormais au calendrier passé, puisque l’événement s’est achevé le 16 novembre 2025. Elle reste toutefois utile pour comprendre comment aborder une prochaine foire au Grand Palais. Les dix stands cités formaient un itinéraire cohérent, depuis l’installation de Sophie Ristelhueber chez Poggi jusqu’aux travaux de Keisha Scarville chez Higher Pictures.
Un parcours efficace commence par les œuvres dont l’échelle est la plus grande, car elles structurent immédiatement la perception de la foire. La cimaise de quarante mètres de Sophie Ristelhueber jouait ce rôle. Il est ensuite préférable d’aller vers les stands où une seule démarche est développée, comme Aurore Bagarry chez Sit Down ou Marine Lanier chez Jörg Brockmann.
Le troisième temps doit être réservé aux techniques. Chez Bigaignon, la chambre noire et les procédés anciens obligeaient à regarder le tirage comme un objet. Chez Vasari, les photogrammes de Julio Le Parc proposaient un point de passage entre la photographie, le mouvement et la lumière. Ce sont des œuvres qui demandent une lecture plus lente que les images immédiatement narratives.
Les visiteurs disposant d’un budget d’achat devraient demander les listes de prix sans attendre la fin de la journée. Le tarif d’entrée de 35 € relevé en novembre 2025 est un coût fixe de visite, mais les frais qui suivent peuvent varier. Un encadrement, une caisse de transport, une assurance et une livraison ne sont pas toujours inclus dans le montant annoncé sur le stand.
Dans une galerie, un prix affiché doit être associé à une œuvre clairement identifiée. Relevez le nom de l’artiste, le titre, l’année, le procédé, les dimensions, l’édition et le numéro de l’exemplaire. Une photographie intitulée de façon imprécise, sans dimensions ni indication de tirage, ne peut pas être comparée sérieusement avec une autre offre, même si les deux images paraissent proches.
Le certificat d’authenticité mérite une attention particulière. Il doit idéalement identifier l’artiste, l’œuvre, la technique, le format, la date, l’édition et le numéro de tirage. La signature sur le certificat, la signature sur l’œuvre et la facture de la galerie doivent former un ensemble cohérent. Une facture datée de la foire apporte aussi une provenance contemporaine utile.
Les archives photographiques ont une histoire parfois complexe, notamment lorsque les tirages sont posthumes ou réalisés sous la supervision d’ayants droit. Le parcours consacré à Marc Riboud et à son héritage photographique rappelle à quel point le contexte de production et de diffusion compte lorsqu’une œuvre circule après la disparition de son auteur.
Pour un accrochage chez vous, évitez une lumière directe sur les tirages, particulièrement sur les procédés sensibles comme le cyanotype ou certaines impressions couleur. Gardez une distance avec les sources de chaleur et les pièces humides. Un papier baryté, un ferrotype et une photographie rehaussée à la main n’ont pas les mêmes contraintes, ce qui justifie de demander une notice de conservation au vendeur.
Le domaine de la fiscalité, de la succession et de l’expertise formelle dépasse le cadre d’un guide de visite. Pour une succession, une déclaration ou une attribution contestée, il faut consulter un expert agréé, un commissaire-priseur ou un professionnel du droit compétent. Une galerie peut documenter l’œuvre qu’elle vend, mais elle ne remplace pas une expertise indépendante lorsque celle-ci est requise.
Entre une image séduisante mais mal documentée et une épreuve dont la technique, l’édition, la facture et le certificat sont parfaitement établis, préférez la seconde. La précision des documents compte autant que le temps passé devant l’œuvre.
Quand Paris Photo 2025 a-t-elle eu lieu au Grand Palais ?
Paris Photo 2025 s’est déroulée du 13 au 16 novembre 2025 au Grand Palais, 3 avenue du Général-Eisenhower, 75008 Paris.
Quels stands permettaient de voir des procédés de chambre noire ?
La galerie Bigaignon présentait une chambre noire avec des tirages argentiques réalisés en direct par Renato D’Agostin. La galerie Vasari montrait aussi des photogrammes de Julio Le Parc, dont Continuel Lumière cylindre, daté de 1962.
Pourquoi demander le numéro d’édition d’une photographie avant de l’acheter ?
Le numéro d’édition permet de savoir combien d’exemplaires sont autorisés et de distinguer une œuvre unique, une épreuve d’artiste et un tirage numéroté. Il doit être cohérent avec le certificat, la facture et les informations données par la galerie.
Quelles galeries présentaient Marine Lanier à Paris Photo 2025 ?
Marine Lanier était montrée sur l’espace de la Maison Ruinart avec la série Alchimia et chez Jörg Brockmann avec Le Jardin d’Hannibal, une série datée de 2024.
Comment vérifier l’authenticité formelle d’une photographie ancienne ?
Demandez la provenance, les informations de tirage et les documents disponibles, puis consultez un expert agréé ou un commissaire-priseur si une expertise formelle est nécessaire. Une galerie ou une fiche de foire ne remplace pas cette procédure.
