Vous entrez dans le château des ducs de Bretagne avec l’image familière d’un chapeau pointu, d’un balai et d’un chat noir. L’exposition « Sorcières » déplace immédiatement ce décor vers des archives, des gravures, des peintures et des récits de procès. Présentée au musée d’histoire de Nantes jusqu’au 28 juin 2026, elle réunit près de 200 œuvres et documents pour restituer une histoire authentique, souvent plus brutale que le folklore qui l’a recouverte.
- Le parcours relie la mythologie de l’Antiquité, les procès européens et les représentations actuelles des sorcières.
- La visite commence dans une forêt conçue par Salomé Fauc, où les œuvres d’Annette Messager installent une atmosphère de conte volontairement ambiguë.
- Les archives montrent que les personnes accusées étaient fréquemment des femmes isolées, âgées, veuves, malades ou jugées trop indépendantes.
- Le billet plein tarif du musée était affiché à 9 € en mars 2026, selon la billetterie du Château des ducs de Bretagne.
- La dernière partie examine la survivance de certains rites, le cinéma, les séries et la reprise politique de la figure de la sorcière par des mouvements féministes.
Voir l’exposition Sorcières à Nantes pour quitter les images toutes faites
Le musée d’histoire de Nantes installe cette exposition dans le Château des ducs de Bretagne, au 4 place Marc Elder, au cœur du centre-ville. Le lieu compte dans la réception du parcours. Les salles patrimoniales ne transforment pas les faits exposés en décor médiéval, mais elles rappellent que l’histoire de la sorcellerie a été construite par des institutions, des tribunaux et des pouvoirs bien réels.
La commissaire scientifique Krystel Gualdé a choisi une entrée qui assume le poids des récits d’enfance. Une forêt labyrinthique de l’artiste contemporaine Salomé Fauc accueille le visiteur. Les animaux hybrides d’Annette Messager y introduisent une inquiétude discrète. Cette installation ne prétend pas reconstituer un bois ancien. Elle sert plutôt à faire sentir comment la forêt est devenue, dans l’imaginaire européen, le lieu de l’écart, du refuge et de la transgression.
Cette première séquence mérite que vous ralentissiez. Elle donne une clef de lecture pour le reste de l’exposition. La prétendue sorcière ne correspondait pas à un portrait uniforme. Les archives évoquent des femmes de conditions très différentes, mais les cibles se rejoignent souvent par leur vulnérabilité sociale. Une veuve sans protection masculine, une personne âgée, une femme sans enfant, une guérisseuse, une malade ou une personne handicapée pouvait susciter la méfiance d’un voisinage.
Le sujet n’est donc pas seulement celui de la magie. Il touche à la manière dont une communauté désigne une personne comme étrangère à son ordre. L’exposition montre cette mécanique sans chercher à transformer toutes les accusées en héroïnes contemporaines. Certaines pratiquaient des remèdes, des prières, des rituels ou des formes de divination. Beaucoup furent aussi prises dans des dénonciations, des conflits domestiques et des procédures judiciaires où leur parole pesait peu.
La fréquentation familiale a été pensée avec soin. Des cartels placés à hauteur d’enfant et des écrans animés rendent le récit accessible sans adoucir les faits. Les adultes disposent, eux, de citations d’époque, de commentaires plus détaillés et d’une cartographie animée. Cette différence de niveau de lecture évite le didactisme aplati. Vous pouvez venir avec un adolescent intéressé par les légendes, tout en trouvant les sources et les œuvres nécessaires pour comprendre le mécanisme des persécutions.
Le tarif donne un repère pratique. La billetterie officielle du musée affichait un plein tarif de 9 € en mars 2026, avec des conditions de réduction variables selon l’âge, les abonnements et les périodes. Ce montant couvre l’accès au parcours permanent et aux expositions temporaires selon les modalités indiquées par le musée. Avant de vous déplacer, vérifiez le créneau et le tarif en cours sur le site du Château des ducs de Bretagne, car les conditions d’accueil peuvent être ajustées à l’approche de la fin de l’exposition.
Cette visite ne demande aucune connaissance préalable de l’histoire religieuse ou judiciaire. Elle demande en revanche de ne pas traiter les sorcières comme un simple thème décoratif. Le parcours commence par le conte afin de mieux montrer, salle après salle, la distance entre le folklore rassurant et la violence des accusations.

Des magiciennes de l’Antiquité à la naissance de la sorcellerie médiévale
L’exposition remonte bien avant le Moyen Âge. Dans le monde gréco-romain, la mythologie donne déjà une place importante à des femmes liées aux savoirs dangereux ou désirés. Médée, Circé et d’autres figures féminines possèdent des connaissances de plantes, de poisons, de métamorphoses ou de divination. Elles ne sont pas toutes assimilables aux sorcières des procès modernes. Le parcours insiste sur cette nuance, qui évite de fabriquer une histoire continue là où existent des ruptures religieuses et politiques.
Une amphore montrant Médée mettant à mort ses enfants rappelle la puissance durable de certains récits. Cette image nourrit l’accusation ultérieure d’infanticide, souvent portée contre les femmes accusées de maléfices. Dans sa tragédie consacrée à Médée, Sénèque lui attribue notamment le pouvoir de voler. Des siècles plus tard, le motif du déplacement aérien sera repris dans les gravures européennes montrant des femmes montées sur un balai, un animal ou un bâton.
La différence entre récit mythologique et accusation judiciaire doit rester nette. La première relève de la littérature, du théâtre et de l’image. La seconde engage des vies, des biens et parfois la mort. Le musée rend visible ce passage lorsque les croyances anciennes sont reprises par les pouvoirs chrétiens. La magie devient peu à peu une pratique suspecte, car elle semble concurrencer l’autorité religieuse et l’ordre social.
Le mot « sorcier » apparaît vers le XIIe siècle pour désigner hommes et femmes supposés jeter des sorts. Au XIVe siècle, l’association entre sorcellerie et hérésie durcit le cadre. Les personnes accusées sont alors supposées servir le diable, dérégler l’ordre voulu par Dieu et favoriser l’Antéchrist. Le vocabulaire n’est pas neutre. Il transforme des peurs ordinaires, une maladie du bétail, une récolte perdue, un décès ou une tempête, en preuve possible contre une personne désignée.
Les salles consacrées au sabbat montrent aussi comment l’image a fabriqué sa propre crédibilité. La prétendue réunion nocturne, associée à des banquets, des danses, des rapports sexuels et des rites blasphématoires, réunit les fantasmes de l’époque. Le terme même de sabbat renvoie au Shabbat juif, signe d’une histoire européenne traversée par la stigmatisation de plusieurs minorités. Cette précision est utile, car elle empêche de regarder les gravures comme de simples scènes pittoresques.
David Rijckaert III est représenté par une scène de sabbat datée de 1651, peinte à l’huile sur bois et conservée au musée d’art Roger-Quilliot de Clermont-Ferrand. Son petit format n’enlève rien à l’intensité du dispositif. Les personnages et le bestiaire composent une scène très construite, où l’œil est conduit d’un détail à l’autre. Cette peinture renseigne moins sur des rites réellement observés que sur le goût des commanditaires et des artistes pour une iconographie du désordre.
Vous gagnerez à regarder les œuvres comme des documents de représentation plutôt que comme des preuves de pratiques. Une gravure du XVIe siècle ne confirme pas l’existence d’un vol sur un bouc. Elle confirme que cette croyance circulait, qu’elle était représentable, vendable et compréhensible par son public. C’est une distinction de méthode que l’exposition maintient avec rigueur.
Le billet plein tarif affiché par le musée à 9 € en mars 2026 donne accès à cet ensemble d’objets et de prêts, dont la valeur n’est pas traduite en prix de marché dans le parcours. Pour une œuvre ancienne, une expertise formelle, une attribution ou une estimation nécessitent l’avis d’un expert agréé ou d’un commissaire-priseur. La visite permet d’apprendre à observer une technique, une date et une provenance, mais elle ne remplace pas cette vérification professionnelle.
Le fil chronologique préparé dans ces salles rend la suite plus saisissante. La sorcière médiévale n’est pas née d’un seul texte ni d’une seule image. Elle résulte d’un empilement de mythes, de peurs collectives, de décisions religieuses et d’usages politiques.
Comprendre les procès de sorcellerie et la mécanique des persécutions en Europe
La carte animée des procès constitue l’un des dispositifs les plus utiles de l’exposition de Nantes. Elle permet de sortir d’une vision floue selon laquelle les bûchers auraient embrasé toute l’Europe avec la même intensité. Les historiens estiment généralement le nombre total de procès entre 90 000 et 110 000. Leur répartition dessine un arc allant des Pyrénées à la vallée du Rhône, en passant par les Alpes, les Flandres et jusqu’à l’Écosse.
La France ne présente pas une géographie uniforme. Les poursuites se concentrent davantage dans des régions éloignées du pouvoir central, dont le Pays basque. Les autorités y interviennent parfois pour renforcer leur emprise sur des populations attachées à des traditions locales. Cette dimension politique est clairement mise en avant. Accuser n’était pas seulement punir une croyance supposée. C’était aussi discipliner une communauté, encadrer des pratiques et fixer qui avait le droit de parler au nom du sacré.
La publication du Malleus Maleficarum en 1487 marque une étape décisive. Un exemplaire est présenté dans l’exposition. Ce traité, souvent appelé « Marteau des sorcières », organise les accusations et associe fortement la sorcellerie au féminin. Le livre ne crée pas seul la chasse aux sorcières, mais il fournit un vocabulaire, des scénarios d’interrogatoire et une justification intellectuelle à des procédures déjà alimentées par les peurs sociales.
| Période ou repère | Élément présenté à Nantes | Ce que le visiteur peut vérifier |
|---|---|---|
| Vers le XIIe siècle | Apparition du terme « sorcier » pour les hommes et les femmes supposés jeter des sorts | Le vocabulaire précède la grande vague des procès |
| XIVe siècle | Association renforcée entre magie, diable et hérésie | L’accusation devient un outil religieux et judiciaire |
| 1487 | Publication du Malleus Maleficarum | Le traité expose une construction fortement misogyn e des crimes supposés |
| 1682 | Déclaration de Louis XIV contre magiciens, sorciers et empoisonneurs | La sorcellerie est progressivement ramenée au registre de la superstition |
| 1782 | Dernière exécution européenne pour sorcellerie, en Suisse | La fin des procès ne signifie pas la disparition des croyances |
Les procès ne se déclenchent pas uniquement par l’action de grands pouvoirs lointains. Le parcours rappelle le rôle des dénonciations de proximité. Parents, enfants, voisins, époux, anciens alliés ou rivaux pouvaient déposer un récit accusateur. Une querelle de voisinage, une maladie inexpliquée ou la mort d’un enfant pouvaient alimenter la procédure. Les mécanismes de rumeur prenaient une forme lente, écrite et institutionnelle, mais leur logique reste reconnaissable.
Le partage des biens des condamnées ajoute une dimension matérielle que les récits populaires laissent souvent de côté. Les possessions pouvaient être réparties entre les autorités, les témoins ou les exécutants, selon les juridictions. L’exposition ne réduit pas les procès à la cupidité. Elle montre toutefois qu’une accusation pouvait servir des intérêts très concrets. Cette donnée donne une autre densité aux documents judiciaires et aux citations reproduites sur les murs.
Les mondes catholique et protestant participèrent tous deux aux persécutions. Cette réalité contredit l’idée confortable d’un camp éclairé face à un autre camp obscurantiste. Chaque autorité pouvait trouver dans la désignation d’un ennemi intérieur une manière de faire respecter ses normes. Les restrictions visant certaines danses rurales, dont celles autour de l’arbre de mai, montrent que le contrôle concernait aussi les rassemblements, les corps et les plaisirs collectifs.
Le prix plein tarif observé à la billetterie du Château des ducs de Bretagne, 9 € en mars 2026, reste modeste au regard de la densité documentaire du parcours. Le temps de visite mérite d’être prévu largement, surtout si vous lisez les extraits de procès. Ils ne sont pas placés là pour provoquer un frisson rapide. Ils exposent les mots mêmes qui ont permis de rendre une persécution acceptable.
Cette partie ne cherche pas une analogie forcée avec le présent. Elle donne des outils plus solides. Une accusation répétée, une peur partagée et un intérêt matériel peuvent produire une vérité sociale avant même que les faits aient été examinés.
Regarder les gravures et les peintures de sorcières comme des objets d’histoire de l’art
Les artistes des XVIe et XVIIe siècles ont largement contribué à fixer l’iconographie que la culture populaire utilise encore. Le balai, le bouc, les chaudrons, les corps dénudés, les animaux nocturnes et les rondes de sabbat ne constituent pas un relevé ethnographique. Ils appartiennent à un langage visuel. L’exposition de Nantes permet de voir comment ce langage s’est développé dans les gravures, les petits panneaux et les scènes de genre.
Albrecht Dürer et Hans Baldung Grien occupent une place marquante dans cette histoire des images. Hans Baldung Grien est représenté par Les Sorcières, une gravure de 1510 conservée au musée du Louvre. La technique est capitale. Une gravure permet une diffusion plus large qu’une peinture unique, car la matrice peut produire plusieurs épreuves. La circulation de ces images a donc renforcé la visibilité des motifs liés au sabbat bien au-delà de leurs lieux de création.
Les artistes trouvent dans ce thème une liberté iconographique. Ils peuvent représenter des corps nus hors des cadres religieux habituels, explorer la vieillesse, la sexualité et le grotesque, ou inventer des compositions chargées de détails. Cette liberté n’a rien d’innocent. Elle transforme le corps féminin en surface de projection pour les angoisses masculines, religieuses et sociales de l’époque. Le musée le montre sans condamner abstraitement les œuvres ni les isoler de leur contexte de production.
Au XVIIe siècle, David Teniers II et David Rijckaert III développent des scènes plus domestiques ou théâtrales. Les formats réduits invitent le spectateur à s’approcher. Dans une collection privée, ces tableaux pouvaient être montrés à quelques proches plutôt qu’accrochés dans un lieu de culte. L’exposition aide à comprendre cette circulation entre plaisir visuel, curiosité érudite et fascination pour l’interdit.
Le bestiaire participe pleinement au dispositif. Le bouc, le corbeau et le hibou évoquent l’obscurité, l’animalité et une proximité supposée avec le diable. Les animaux naturalisés exposés à Nantes ne servent pas de simple décor. Ils permettent de distinguer les créatures réellement présentes dans les campagnes européennes de la charge symbolique que les images leur ont imposée. Un hibou ne prouve aucune pratique occulte. Il devient signe de sorcellerie parce qu’une tradition visuelle le désigne ainsi.
Pour regarder ces œuvres avec précision, vous pouvez suivre quatre gestes simples.
- Observez d’abord la technique, car une gravure sur papier et une huile sur bois ne circulent pas de la même manière.
- Repérez la date, qui situe l’image avant, pendant ou après les grandes vagues de procès.
- Regardez la taille et les détails, puisque les petits formats appellent souvent une lecture rapprochée et domestique.
- Lisez la provenance indiquée par le cartel, car une œuvre prêtée par le Louvre ou un musée municipal possède une documentation institutionnelle identifiable.
Cette méthode est également utile lorsque vous croisez une image de sorcière sur le marché de l’art. Elle ne suffit pas à authentifier une estampe, un dessin ou un tableau ancien. Une signature, un filigrane, l’état du papier, les dimensions exactes et l’historique de propriété doivent être examinés par un expert agréé ou un commissaire-priseur. Une reproduction décorative et une épreuve ancienne n’ont pas le même statut, ni le même prix, ni la même fragilité.
Le droit d’entrée affiché à 9 € en mars 2026 permet ici de comparer, dans des conditions de conservation adaptées, des objets que les reproductions numériques aplatissent souvent. Les noirs d’une gravure, le grain d’un bois peint et les marges d’une feuille changent la lecture. Vous verrez mieux pourquoi ces images ont frappé les imaginaires pendant plusieurs siècles.
La beauté formelle de certaines pièces ne dissout pas leur violence symbolique. Elle rend au contraire plus visible la manière dont un langage séduisant peut rendre familier un récit de persécution.
De Michelet à la culture populaire, comment la sorcière devient une figure de puissance
Le parcours ne s’arrête pas à la fin progressive des procès. Il suit le déplacement de la figure de la sorcière vers la littérature, la peinture, le cinéma et les luttes politiques. En 1862, Jules Michelet publie La Sorcière. Son livre ne relève pas de l’histoire universitaire telle qu’elle se pratique aujourd’hui, mais son influence culturelle est considérable. Il transforme la femme accusée en figure de résistance, liée à une autre vision du monde et à une révolte contre l’ordre établi.
Les peintures du XIXe siècle présentées dans l’exposition traduisent cette hésitation entre peur et fascination. Théodore Chassériau peint en 1855 trois sorcières annonçant sa mort à Macbeth. Louis-Candide Boulanger réalise vers 1861 une Ronde du sabbat animée par le mouvement et la nuit. Ces œuvres reprennent des motifs connus, mais elles les déplacent dans une culture romantique attirée par l’occulte, le spiritisme et les forces invisibles.
La Circé, la magicienne de John William Waterhouse, datée de 1911 et conservée dans une collection particulière à Rome, offre une autre image. Cette huile sur toile représente une femme qui ne se réduit ni à la vieillesse caricaturale ni au monstre. La fiole, le regard maîtrisé et la présence de la panthère construisent une figure savante et dominatrice. La peinture appartient à un moment où la femme puissante peut devenir un sujet autonome dans l’imaginaire pictural.
La dernière partie de l’exposition s’intéresse aussi à des pratiques encore vivantes. Des objets prêtés par une association documentent des rites du bocage normand. Figurines de cire, représentations de membres du corps, petit cercueil et aiguilles ne sont pas présentés comme des accessoires de fiction. Ils témoignent de croyances et de gestes transmis dans des cadres locaux. Le musée évite l’opposition simpliste entre un passé superstitieux et un présent entièrement rationnel.
La culture populaire a ensuite rendu ces images familières à plusieurs générations. Le Magicien d’Oz, sorti en 1939, installe une opposition très lisible entre figures de sorcières. La série Ma sorcière bien-aimée, diffusée de 1964 à 1972, introduit la magie dans un quotidien domestique. La saga Harry Potter, portée au cinéma entre 2001 et 2011, en fait un univers d’apprentissage, d’amitié et de conflit politique. Ces œuvres ne racontent pas les procès historiques, mais elles expliquent pourquoi le mot « sorcière » demeure immédiatement reconnaissable.
Depuis les années 1960, des militantes féministes ont repris le terme pour rendre hommage aux victimes des chasses passées et revendiquer une femme libre, savante ou insoumise. Le collectif WITCH a notamment mobilisé une mise en scène empruntant robe noire et chapeau pointu. Cette réappropriation n’efface pas les victimes historiques. Elle modifie la fonction du symbole. Ce qui servait à humilier peut devenir un signe de résistance, à condition de ne pas oublier d’où vient l’accusation.
Le musée relie discrètement cette histoire aux phénomènes de rumeur contemporains. Les réseaux sociaux accélèrent désormais la diffusion de récits non vérifiés, mais le mécanisme n’est pas neuf. Un groupe peut consolider son unité en désignant une menace, en simplifiant les causes d’une crise et en empêchant la personne visée de répondre. Cette exposition offre ainsi un cadre historique utile pour lire les images qui circulent aujourd’hui.
Le plein tarif de 9 € relevé en mars 2026 donne accès à cette séquence finale, souvent la plus parlante pour les visiteurs habitués au cinéma et aux séries. Vous y trouverez un passage net entre la sorcière accusée par les tribunaux et la sorcière devenue signe culturel. Cette métamorphose n’a rien d’un conte apaisé, car les représentations actuelles gardent la trace des violences qui les ont précédées.
La fin de la visite laisse cette tension active. La sorcière circule encore dans les images parce qu’elle porte, sous des formes différentes, la peur de l’autonomie et le désir d’en reprendre le pouvoir.
Où se tient l’exposition « Sorcières » à Nantes ?
L’exposition est présentée au Château des ducs de Bretagne, musée d’histoire de Nantes, situé 4 place Marc Elder, 44000 Nantes.
Jusqu’à quelle date peut-on visiter l’exposition ?
Le parcours est annoncé du 7 février au 28 juin 2026. Les horaires et créneaux doivent être vérifiés sur la billetterie officielle du musée avant le déplacement.
Quel est le prix de l’entrée pour l’exposition Sorcières ?
Le plein tarif observé sur la billetterie du Château des ducs de Bretagne en mars 2026 était de 9 €. Des réductions ou gratuités peuvent s’appliquer selon les conditions du musée.
L’exposition convient-elle à une visite familiale ?
Oui. Le parcours prévoit des cartels à hauteur d’enfant et des contenus animés, tandis que les adultes peuvent approfondir les documents de procès et les commentaires historiques.
L’exposition parle-t-elle uniquement du Moyen Âge ?
Non. Elle commence avec la mythologie et la magie dans l’Antiquité, développe les persécutions de l’époque moderne puis aborde le folklore, le cinéma, les séries et les usages féministes contemporains.
